Superman VS Clark Ken

“Les client, tout comme le professionnel, sont humains. Ils commettent des erreurs et subissent les conséquences d’évènements hors de leur contrôle. Les choses étant ce qu’elle sont, le travail et l’effort ne sont pas toujours garants du développement et de l’atteinte des objectifs”

– LeKinésiologue

Grandescunt Aucta Labore (By work, all things increase and grow). Aujourd’hui, nous avions envie d’entamer notre texte avec un peu de latin. En fait, j’ai glané la phrase dans la section décrivant le motto de l’Université McGill. Elle provoqua, chez moi, une réflexion et une association avec le milieu de l’entraînement.

Est-elle vraie? Doit-on nécessairement la prendre au mot, parce que justement lesdits mots sont en latin? Peut-on affirmer que, nonobstant l’ensemble de tous les facteurs impactant le résultat, si on travaille, un changement positif (une adaptation en d’autres mots) surviendra? Je vous affirme que je suis en désaccord. Cette prise de décision origine d’un événement ayant survenu lors d’un cours à l’université McGill. Voici, brièvement, les faits :

Une équipe présente leur avant-projet de maîtrise mettant en lumière l’importance de l’estime de soi chez les personnes atteintes de problèmes mentaux. Lors de la période de question, un homme demande la parole, recule sa chaise et se lève avant de parler. La classe, surprise par l’aspect solennel de la chose, l’écoute raconter son histoire. Il affirme, qu’il vit une dépression depuis maintenant quelques années. Il énonce avoir des idées suicidaires et de la difficulté à maintenir le focus sur ses études. Ses rencontres avec son intervenant l’aident à tenir le coup, mais il ajoute que sa vie n’est pas rose. L’activité physique lui fait du bien, mais sa tête n’est pas en mesure de suivre son corps. Toujours selon ses aveux, il affirme avoir essayer de trouver de l’aide auprès de l’Université, sans succès. Il pense désormais quitter ses études de deuxième cycle et arrêter l’entraînement.

Est-ce toujours fondé de dire que le travail & l’effort sont toujours garant de progression? La réalité et la pratique terrain nous démontrent le contraire. En effet, certains problèmes deviennent des cauchemars et des parasites : ils se nourrissent des ressources de son hôte, l’empêchant de se développer normalement. La dépression, par exemple, peut aisément limiter la récupération et le processus d’adaptation d’un individu. L’entraîneur aura beau modifier le programme ou les exercices, il ne traitera pas la source du problème. Il risque de même l’aggraver.

Nous ne sommes pas des surhumains. Il faut être conscient de ses limites et savoir trouver les solutions à ses problématiques et les personnes ressources nécessaires à son rétablissement.

Le professionnel de la santé, de son côté, doit comprendre jusqu’où ses compétences s’étendent. Quand devient-il important de référer le client à un autre professionnel en mesure de réellement impacter son développement?

Selon moi, deux types de comportements entrent en conflit direct avec l’importance de savoir identifier et respecter son champ de compétences.

  1. Le “Y’en a pas de problèmes!

Lorsque tu poses plus de questions que naissent les réponses, il se pourrait que tu baignes dans un sujet hors de tes compétences. Ce comportement est en lien direct avec le savoir (i.e. les connaissances) du professionnel. En d’autres mots, le professionnel peut, volontairement ou involontairement, se convaincre de la simplicité du problème. “Une hernie lombaire? Pas de trouble, il faut renforcer ton bas de dos.”. Exercice prescrit : des back extensions en intensité (a.k.a 2 plates de 45 lbs dans les mains). Dès lors, les résultats du client ne seront pas optimaux et le problème ne sera pas traité et/ou empiré. Bien souvent, lorsque le client exprime son inconfort, il reçoit comme réponse le fameux “c’est normal”. Bien évidemment, la douleur est rarement normale et ne devrait pas être étiquetée comme telle.

  1. L’entêtement

Il arrive parfois  que l’individu, peu importe les efforts du client ou les compétences du professionnel, n’arrive pas à atteindre ses objectifs. Cette situation peut survenir lors des trois premiers mois, tout comme après des années de collaboration. L’exemple classique est le fameux client qui est en processus de perte de poids depuis deux ans, avec le même entraîneur. Il est pourtant impossible d’observer une tendance dans l’atteinte de l’objectif (i.e. il a rien perdu sauf du temps, de l’argent et un peu de sueur). Je comprend fort bien qu’il se peut que le client continu à rencontrer son entraîneur parce que, avec le temps, il est devenu un bon ami. Mais je crois personnellement que, si originalement ton objectif était de perdre du poids et te remettre en santé, tu devrais essayer de rentabiliser tes efforts et ton temps au centre de conditionnement. De plus, il est toujours possible de se faire chummy-chummy avec le professionnel tout en atteignant ses objectifs.

Ce qui ressort de cette discussion est fondamental :

“Le client, tout comme le professionnel, sont humains. Ils commettent des erreurs et subissent les conséquences d’évènements hors de leur contrôle. Les choses étant ce qu’elle sont, le travail et l’effort ne sont pas toujours garant du développement”

Parfois, malgré ton fameux “110%” d’efforts et toute ta bonne volonté, il se peut que tu ne sois pas récompensé ou même pénalisé pour ton travail. Tout le monde connait au moins une personne, de loin ou de proche, à qui une gigantesque “BADLUCK” lui est tombée dessus. Les ailes coupées dans son envol, il est tombé de haut et essaie encore de s’en remettre à ce jour.

Était-il possible de le prévoir? Aucunement. D’où l’importance d’être en mesure de reconnaître ses situations et d’avoir les ressources nécessaires à leur résolution. La composante sociale de l’individu devient extrêmement importante.  

Abraham Harold Maslow, un psychologue, a hiérarchisé cinq catégories de besoins influençant sur la santé psychologique de l’individu. Le sentiment d’appartenance et d’amour occupe la 3eme position, tout de suite après les besoins fondamentaux.

Vous saisissez désormais la valeur de l’aspect social de l’individu dans son développement. Il se doit d’avoir un cercle de personnes vers qui se tourner lorsque les jours sont plus tough. Les professionnel de la santé sont intégrés dans ce cercle de proches aidants.

Ainsi, apprenons à relativiser le résultat en fonction de l’effort de l’individu au travers de son travail. Par exemple, courir sans tomber peut sembler facile, mais qu’en est-il si la surface de course est de la glace. Est-ce que deux coureurs, pratiquant sur deux surfaces différentes, peuvent être comparés? L’analogie est transférable : tu as peut-être atteint tous tes objectifs, mais ce n’est pas parce que ton voisin n’a pas réussit à faire de même, qu’il n’y a pas mis les efforts. Soyons ouverts, compréhensifs et offrons, avec humilité, l’aide nécessaire au rétablissement de l’individu.

 

Bon début d’année 2018,

Bougez bien, bougez mieux, bougez intelligemment.

Lekinésiologue  

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La physiologie de l’exercice dans un environnement froid

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